Si j’ai bien compris, la SNCF aurait pu s’épargner une polémique en faisant ce qu’elle sait habituellement si bien faire : augmenter les prix — tous les prix, ceux pour voyager sans enfants, ceux pour voyager avec enfants, avec chiens, sans chiens. Tout le monde aurait payé pareil, pas de jaloux, juste encore plus cher. Après tout, du temps de la cigarette autorisée, on aurait compris de dépenser plus sans avoir gagné plus pour prendre place dans un wagon fumeurs, mais plus également dans un wagon non-fumeurs, selon ses goûts. Les enfants ne seraient certainement pas non plus contre des wagons interdits aux adultes, où ils pourraient jouer sans qu’on les dérange à les empêcher de hurler, pleurer, se battre, vomir et rire comme des perdus pour des plaisanteries qui ne le méritent certes pas.
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Il y aurait quelque chose de sympathique à ce que soudain la SNCF s’intéresse au bien-être de sa clientèle. Il pourrait aussi y avoir des wagons avec des sandwichs exquis ou des salles de cinéma avec films pour enfants ou pour adultes, et des wagons muets, parce qu’il est rare que les enfants ou qui que ce soit arrivent à parler autant que les chefs de train pour informer qu’on arrive dans telle gare, qu’on en part, que le bar est dans telle voiture, que ce qu’on nous y propose est délicieux, que ceci et que cela — mais qu’en tout cas il n’est pas question de laisser les lecteurs se livrer à leur vice désormais plus impuni. Pour les lecteurs, s’il arrive souvent que le trafic soit perturbé




