Après la mort, le jour de la rentrée scolaire, de Caroline Grandjean, directrice d’école victime pendant des années de harcèlement lesbophobe et de menaces de mort dans le Cantal, les pensées émues de toutes les lesbiennes de France se tournent vers sa femme et ses proches. Sa disparition est une déchirure pour la communauté éducative et pour les personnes LGBT +. Toutes savent dans leur chair et leur histoire commune ce que veulent dire les mots : la lesbophobie tue, les LGBTphobies tuent.
«Au commencement, il y a l’injure. Celle que tout gay peut entendre à un moment ou à un autre de sa vie, et qui est le signe de sa vulnérabilité psychologique et sociale», écrit Didier Eribon en ouverture de ses Réflexions sur la question gay (1). L’injure qui a pourchassé Caroline Grandjean, nous ne la connaissons que trop bien, «sale gouine», «va crever sale gouine», en ce qu’elle blesse profondément et assigne des vies à une alté




