Menu
Libération
Chronique

Une chapelle laïque pour tous·tes, par Lola Lafon

Réservé aux abonnés

Au Texas, la chapelle Rothko accueille avec sobriété toutes et tous, sans distinctions. En ces temps de déferlante réactionnaire mondiale, rappelons-nous que la religion n’a pas toujours été l’opium du peuple.

Instant de recueillement en juillet 2025 à la chapelle œcuménique Rothko de Houston. «On peut y rester des heures ou quelques instants», écrit Lola Lafon (Elizabeth Conley/Houston Chronicle. Getty Images)
ParLola Lafon
écrivaine
Publié le 25/12/2025 à 12h44

En ces périodes de fêtes durant lesquelles la spiritualité est en soldes au pied des sapins, quelques lignes pour remettre en lumière une histoire oubliée, peut-être même enterrée ; elle est au cœur d’un documentaire sorti en salles cet automne : l’Evangile de la révolution réalisé par François-Xavier Drouet. L’histoire de ces chrétiens engagés, parfois jusqu’à la mort, dans les luttes révolutionnaires au Salvador, au Nicaragua, au Mexique et au Brésil. Des chrétiens qui se sont heurtés, aussi, aux instances hiérarchiques de l’Eglise.

«Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Mais quand je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir, l’on me traite de communiste.» Ces mots sont ceux d’un évêque catholique brésilien surnommé l’«évêque rouge» ou «la voix des sans voix» : Hélder Câmara. Il s’opposa à la dictature militaire au pouvoir entre 1964 et 1985, vivant auprès des plus déshérités. Oscar Romero, un prêtre salvadorien, dénonça, lui, sans relâche les assassinats, les actes de torture commis par la junte militaire, fustigeant l’aide militaire des Etats-Unis à la dictature. Il fut assassiné en pleine messe, le 24 mars 1980, à San Salvador. De rares arch

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique