En France, les débats houleux sur la taxe Zucman ont mis en avant la condition des milliardaires. Ceux-ci préfèrent d’habitude rester en arrière de la scène publique, conscients de ce que le choix préférentiel de la société française pour l’égalité peut susciter de ressentiment à leur égard. Mais on a tellement répété que les «Français n’aiment pas les riches» que les milliardaires peuvent désormais, eux aussi, adopter un discours victimaire.
Malgré les progrès récents en matière d’optimisation fiscale, il aura suffi d’un projet menaçant de taxer leurs biens à hauteur de 2 % pour voir les grandes fortunes sortir du bois et défendre leur intérêt particulier comme s’il y allait de l’intérêt général.
Si l’on veut prendre la mesure de la transformation récente des mises en scène de la richesse extrême, il faut traverser l’océan Atlantique. Contrairement à leurs homologues européens, les milliardaires des Etats-Unis ont l’habitude de parler à cœur ouvert. La croyance calviniste selon laquelle le niveau de leur fortune a à voir avec la rédemption de toute la société les autorise depuis longtemps à faire de la politique.
Pourtant, là aussi quelque chose est venu rompre la r




