Ce sont ses derniers vœux, mais il ne le sait pas encore. Il passe d’abord en revue l’année écoulée comme un corps d’armée après la bataille, avec ses quelques héros, ses éclopés, ses rescapés. Car, dans l’année, la France a fléchi. Elle a relâché son effort, au risque de décrocher dans le concert international.
«Au printemps dernier, rappelle le chef de l’Etat, notre pays qui, depuis dix ans, gravit la pente du renouveau s’est trouvé, dans son ascension, tout à coup, saisi de vertige. On a même pu croire un moment qu’il s’abandonnait à l’attrait morbide de l’abîme, et qu’il allait rouler jusqu’au plus bas.»
Telle est la règle de l’exercice annuel : raconter inlassablement des histoires de chutes aux abîmes et de relèvements miraculeux, tracer vers la résurrection un chemin immanquablement périlleux, escarpé, mais le seul possible.
Cette défaillance, ajoute-t-il, «nous a conduits, soudain, et à chaud, à une crise monétaire, qui mettait en cause la valeur de notre franc, et par là même, celle de nos avoirs et de nos rémunérations, risquait de nous faire passer sous la dépendance de prêteurs étrangers et suscitait la joie odieuse des spéculateurs de la finance, de la politique et de la presse qui jouaient notre déconfiture».
Mais, heureusement, le pays s’est repris : «Après son passage à vide, la nation française s’est ressaisie. Par les élections, elle a prouvé d’une manière éclatante sa volonté de voir assurer l’ordre, maintenir les institutions et poursu




