Alors que se tient le procès en appel de Marine Le Pen, condamnée à une peine d’inéligibilité dans l’affaire des assistants européens, jusqu’où peut aller le parti fondé par son père en 1972 ? Même s’il demeure moins structuré que d’autres partis de premier plan, le Rassemblement national (RN) est en Europe occidentale le seul parti d’extrême droite à n’avoir quasiment jamais cessé de rassembler au moins un électeur sur dix (et souvent plus) depuis 1984, année de sa première percée aux élections européennes.
Pour comprendre cette singularité et cette inexorable ascension, les politistes Patrick Lehingue et Bernard Pudal publient Du FN au RN. Les raisons d’un succès (PUF). Selon eux, celles-ci sont moins à chercher dans le parti qu’à l’extérieur. «Parti-aubaine», le RN saurait profiter des changements structurels dans la société française, notamment la crise économique qui s’est installée dans la durée.
Taux de pauvreté, répartition socioprofessionnelle des habitants, division de ses adversaires, passé clientéliste… L’ouvrage ébauche un portrait-robot non des électeurs RN, mais des territoires propices au vote RN, passé des quartiers chics aux zones rurales.
A l’orée des élections municipales, une boîte à outils précieuse pour la gauche explorée avec Patrick Lehingue.
Quel regard portez-vous sur le procès en appel de Marine Le Pen et sa ligne de défense ?
On retrouve l’amateurisme et le manque de professionnalisme du parti. A l’annonce du premier verdict, l’




