Menu
Libération
tribune

Plutôt que de criminaliser les usagers de drogues illicites, encadrons leur pratique

Réservé aux abonnés

Pourquoi le vin, drogue licite, est-il socialement accepté, alors que le cannabis est diabolisé ? Dépénaliser son usage et légaliser sa vente permettrait de désengorger les services de police et de justice tout en améliorant la prévention sanitaire. La prohibition est un échec et les pouvoirs publics font l’autruche, déplore le journaliste et écrivain Michel Henry.

Le cannabis est bien moins mortel que certaines drogues légales, comme l'alcool. (Martin Meissner/AP)
Par
Michel Henry
journaliste et écrivain
Publié le 17/12/2025 à 10h17

Le 24 novembre, les viticulteurs en crise ont obtenu 130 millions d’euros de l’Etat pour financer une campagne d’arrachage de vignes. Ils produisent du vin, donc de l’alcool. L’argent public ira ainsi à des producteurs de drogue. Rien de provocateur dans ce terme : comme tout alcool, le vin est considéré par les scientifiques comme une drogue. Pourtant, ces aides publiques ne créent guère de polémique. Pourquoi ? Parce que le vin est une drogue licite.

Basculons maintenant dans la fiction. Demain, le vin est déclaré illégal, en raison de chiffres inquiétants : chaque année, l’alcool tue en France 41 000 personnes et génère un coût social (en vies perdues, frais de santé, baisse de production) estimé, en 2023, à 102 milliards d’euros par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, sur des données de 2019.

Que provoquerait cette interdiction ? Il y aurait des dealers, un marché parallèle, des règlements de compte, de la corruption, des menaces sur l’Etat de droit. C’est pourquoi la prohibition américaine des années 1920 a été abandonnée : les conséquences négatives dépassaient largement les bénéfices récoltés.

Restons dans la fiction. Imaginons, demain, un marché régulé du cannabis. D’autres

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique