Le 24 novembre, les viticulteurs en crise ont obtenu 130 millions d’euros de l’Etat pour financer une campagne d’arrachage de vignes. Ils produisent du vin, donc de l’alcool. L’argent public ira ainsi à des producteurs de drogue. Rien de provocateur dans ce terme : comme tout alcool, le vin est considéré par les scientifiques comme une drogue. Pourtant, ces aides publiques ne créent guère de polémique. Pourquoi ? Parce que le vin est une drogue licite.
Basculons maintenant dans la fiction. Demain, le vin est déclaré illégal, en raison de chiffres inquiétants : chaque année, l’alcool tue en France 41 000 personnes et génère un coût social (en vies perdues, frais de santé, baisse de production) estimé, en 2023, à 102 milliards d’euros par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, sur des données de 2019.
Interview
Que provoquerait cette interdiction ? Il y aurait des dealers, un marché parallèle, des règlements de compte, de la corruption, des menaces sur l’Etat de droit. C’est pourquoi la prohibition américaine des années 1920 a été abandonnée : les conséquences négatives dépassaient largement les bénéfices récoltés.
Restons dans la fiction. Imaginons, demain, un marché régulé du cannabis. D’autres




