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Libération
L'édito de Paul Quinio

Pour le RN, les élections municipales 2026 comme tremplin vers l’Elysée ?

Si le parti d’extrême droite, qui continue de véhiculer une idéologie raciste, des thèses homophobes ou complotistes, réussit ses élections municipales, cela l’ancrera un peu plus dans la vie démocratique du pays.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, le 12 janvier à Paris. (Denis Allard/Libération)
Publié aujourd'hui à 20h58

Les municipales, dernière station avant l’autoroute vers l’Elysée ? Pour le Rassemblement national, le scrutin de mars revêt en tout cas une importance capitale. Toujours très haute dans les enquêtes d’opinion, la formation d’extrême droite espère engranger des victoires plus que symboliques. Son objectif est transparent : gravir avec cette élection locale, longtemps méprisée du côté des Le Pen, une marche de plus dans son entreprise de normalisation. Gagner des villes, petites, moyennes, grandes sera pour le RN une façon de s’installer davantage dans la vie démocratique du pays. Il disposera de davantage d’élus, dans les instances municipales évidemment, mais aussi dans les communautés d’agglomérations et, demain, puisque les élus locaux seront les futurs électeurs des sénateurs, au palais du Luxembourg.

Dans la mauvaise passe judiciaire que traverse le parti d’extrême droite, un scrutin municipal réussi serait aussi une bouffée d’air frais pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Rappelons que, lors du procès en appel du RN dans l’affaire du détournement de fonds du Parlement européen, le réquisitoire prononcé mardi a réclamé à nouveau cinq ans d’inéligibilité pour Marine Le Pen (le verdict ne sera pas rendu avant les 15 et 22 mars). Face à cette perspective de voir l’extrême droite étendre sa toile lors du scrutin municipal, il est nécessaire de rappeler l’évidence : le RN reste un parti pas comme les autres. Malgré ce qu’il cherche à faire croire, il continue de véhiculer une idéologie raciste et des thèses homophobes. Lors des dernières législatives, les révélations de la presse, et notamment de Libération, sur les «brebis galeuses» qui continuent de pulluler en son sein, avaient contrarié le storytelling du RN sur sa soi-disant normalisation. Ce travail, Libération continue de le faire. Nous avons révélé cette semaine les propos racistes du candidat RN à la mairie de Carpentras. Le parti de Marine Le Pen l’a immédiatement viré. C’est bien le signe qu’il y a un problème, non ?

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