«Quand un ami proche disparaît, beaucoup d’images nous reviennent. On avait l’habitude de partir en vacances ensemble, moins ces derniers temps bien sûr. Mais je repense aujourd’hui à une discussion qu’on a eue, dans un lointain pays où l’on s’était retrouvés par hasard. Là, il m’a transmis une liste de livres sur la Shoah que je n’avais pas lus. J’ai compris alors à quel point cette histoire l’habitait, à quel point il s’était construit sur cette mémoire. Tout était lié pour lui. Son père est mort à Sobibor, sa grand-mère aussi est décédée pendant la guerre, son oncle n’était pas revenu d’Auschwitz lui non plus. Il en parlait tout le temps. Car si ses grands-parents avaient choisi la France comme refuge en partant de Bessarabie, sans rien connaître de ce pays, c’est parce que la France, c’était pour eux une idée. Celle des valeurs universalistes, de la philosophie des Lumières. Cette France du capitaine Dreyfus, que la moitié du pays s’était levée pour défendre. Ces valeurs ont nourri tous ses combats. Et moi, je ne suis pas encore venu à bout de sa liste… Aujourd’hui, l’heure est au consensus autour de lui, mais ce qui le
Témoignage
Richard Malka : «Robert Badinter est resté un indigné, il n’allait pas dans le sens du vent»
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Pour l’avocat, proche de longue date, tous les combats de Robert Badinter étaient intrinsèquement liés à son histoire familiale et à une certaine idée de la France, pays de l’universalisme.
Robert Badinter à Paris, en octobre 2021. (Ian Langsdon/AFP)
Publié le 09/02/2024 à 17h17, mis à jour le 09/02/2024 à 17h17
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