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Entretien

Sophie Bessis : «La formule “judéo-christianisme” est une immense supercherie»

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Si, dans son dernier livre-tract, Eric Zemmour appelle à un sursaut «judéo-chrétien», ce qu’il veut, c’est faire en sorte que l’Europe redevienne chrétienne, analyse l’historienne Sophie Bessis qui publie une édition augmentée de son livre sur le sujet, sous-titré «Anatomie d’une imposture».

(Simon Bailly/Liberation)
Publié le 07/11/2025 à 17h40

L’édition augmentée de l’essai la Civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture, de l’historienne Sophie Bessis, paraît fort à propos aux éditions Les Liens qui libèrent. Elle permet d’opposer le vrai savoir universitaire aux élucubrations identitaristes d’un Eric Zemmour qui dans son dernier opus, La messe n’est pas dite chez Fayard, jongle avec les concepts, triture les vérités historiques pour alimenter son projet politique et apparaître en pointe comme l’un des chevaux légers (très léger) de la guerre culturelle menée par l’extrême droite sur tous les fronts. Sophie Bessis s’est penchée sur le libelle du polémiste. Elle est ressortie affligée de la lecture de ce texte, avant tout par le niveau d’inculture qu’il recèle. L’historienne nous reçoit pour remettre les pendules du judéo-christianisme à l’heure. Une heure très récente, en réalité.

D’où vient ce terme «judéo-chrétien», largement utilisé comme un élément identitaire dans le débat public et qui semble être une réalité historique évidente ?

C’est justement cette évidence que j’ai voulu interroger. Le terme de judéo-chrétien est très ancien, mais il est resté longtemps cantonné aux domaines savant et théologique. La question qu’il convient de se poser, c’est pourquoi cette expression est devenue hégémonique depuis une grosse quarantaine d’années dans le langage courant et dans les discours politiques.

A l’aune de l’histoire des idées, c’est très récent…

En effet. Ce binôme est désorm

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