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«Toxic Data»: les mathématiques de la manipulation en ligne

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Spécialiste de l’analyse des discours sur les réseaux sociaux et de la formation des opinions, le mathématicien David Chavalarias voit dans les débats français les mêmes dérives que celles ayant mené les Etats-Unis à l’élection de Donald Trump. Il propose des solutions pour les contrer.

A man looks at his phone as the volcano in the background continues to spew out lava near El Paso on the Canary island of La Palma, Spain in the early hours of Sunday, Oct. 10, 2021. A new river of lava has belched out from the La Palma volcano, spreading more destruction on the Atlantic Ocean island where molten rock streams have already engulfed over 1,000 buildings. The partial collapse of the volcanic cone has sent a new lava stream heading toward the western shore of the island. (AP Photo/Daniel Roca) (Daniel Roca/AP)
Publié le 02/04/2022 à 14h16

Un livre pour lancer une alerte. David Chavalarias est inquiet pour notre démocratie, rien de moins. Une prise de position surprenante venant d’un mathématicien. Dans Toxic Data (Flammarion), le chercheur démontre de manière tout à fait claire et, pour tout dire, flippante, «notre dangereuse inadaptation à la nouvelle donne numérique» et «comment les réseaux sociaux manipulent nos opinions». Selon lui, c’est bien simple, notre système de vote et notre régime présidentiel sont particulièrement fragiles face aux manipulations en cours via les réseaux sociaux.

«J’ai suivi le débat américain grâce à nos outils de veille sur les réseaux sociaux pendant la campagne de Trump en 2016 et tout le long de son mandat. J’ai observé de près cette descente aux enfers. Et je suis très inquiet, aujourd’hui, de voir les mêmes mécanismes en place dans le débat français», explique-t-il à Libération.

David Chavalarias cartographie le débat politique en ligne. En analysant la production de personnalités politiques et de mots-clés comme #Presidentielle2022, l’équipe de l’Institut des systèmes complexes (ISC), une unité de recherches du CNRS, récolte entre 500 000 et 2 millions de tweets par jour. «Ce qui nous intéresse, ce sont les évolutions des interactions entre ces comptes», résum

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