Monter dans l’ascenseur social, est-ce forcément tourner le dos à son milieu d’origine ? Pour ces transclasses, nés dans des milieux populaires et travaillant dans des domaines où les enfants des classes favorisées sont surreprésentés, c’est tout le contraire.
Depuis 2022, certains s’organisent autour du collectif Conscience de classe pour mettre leur parcours et leur identité au service de luttes de gauche, de la parité sociale à l’égalité de condition, en passant par l’éducation populaire et l’accès à la culture.
Ayodélé Ikuesan, athlète et candidate à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, 40 ans
«J’ai grandi dans un milieu très populaire du XVIIIe arrondissement de Paris. Notre appartement a été déclaré insalubre par un expert, et mes parents ont obtenu un logement social en 1997. C’est à 12 ans que je découvre ce que c’est d’avoir une fenêtre dans sa chambre.
«Mes parents sont arrivés du Nigeria dans les années 80. Ils sont parvenus à aller à l’université, mais n’ont pas pu trouver un travail lié à leurs études. Mon père gagne sa vie en faisant les ménages dans des bureaux et la sécurité dans des magasins, et ma mère comme intérimaire dans l’hôtellerie. Ils nous donnent une éducation stricte et nous poussent beaucoup, mes trois frères et sœurs et moi. Comme nous n’avons pas d’espace à la maison, je m’inscris à toutes les activités proposées par l’Ecole : sport, chorale, échecs, contes…
«Le sport s’impose. Je me spécialise dans le sprint et me retrouve en équipe de France. Je bosse pour payer mon école de commerce en plus des entraînements. Je suis dans la q




