Il y a dix ans commençait sur le littoral du Dunkerquois, et en particulier à Grande-Synthe, la crise de l’accueil. Celle de centaine d’exilés partis de territoires de conflits, syriens et kurdes, puis afghans notamment, traversant mers et terres pour passer en Angleterre.
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Déjà l’inertie et la peur des élus, tétanisés, déjà l’ardente obligation de ne rien faire, attendant les bus de la préfecture, qui reconduiraient plus loin jusqu’à Perpignan, celles et ceux qui «n’avaient rien à faire sur le littoral». Gagner du temps… Avant le retour des mêmes populations. Un jour sans fin.
Cet épisode, qui aurait pu définitivement alerter, est en passe d’effacement. La mémoire politique a ses égarements, ses oublis volontaires.
Le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, avait, seul, à l’époque, pris son risque. Immense. Autant pour une question de politique que de morale. Celle d’accueillir, plutôt que d’attendre, dans le camp de la honte du Basroch que se détermine le destin funeste des exilés, simplement protégés par des tentes.
Mesures encore coercitives
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Ce fut avec MSF, principal pourvoyeur des fonds, et d’autres associations le début d’une aventure atypique consistant à créer, en mars 2015, un lieu d’hébergement sur le site de la linière, comme un camp humanitaire construit partout dans le monde.
Il finira à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle en cendres, victimes de surpopulation alors que la «jungle de Calais» avait été démantelée quelques mois auparavant. En effaçant le site de




