New Delhi offre aujourd’hui, à l’échelle d’une mégalopole, un concentré des tensions contemporaines : pollution, inégalités et démocratie malade. La ville est la capitale la plus polluée au monde : les concentrations de polluants atmosphériques y dépassent jusqu’à vingt fois les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Cette situation extrême est le produit d’un modèle de développement parfaitement inégalitaire et insoutenable, dont les enseignements dépassent largement le cas indien. C’est ce que j’ai pu constater lors d’un séjour le mois dernier dans la capitale indienne.
Plantons le décor. La métropole de New Delhi abrite près de 35 millions d’habitants, soit la moitié de la population française. Dès votre arrivée, une évidence s’impose : l’air y est irrespirable. Dix millions de véhicules saturent les routes, l’électricité repose massivement sur le charbon, et les brûlis agricoles pratiqués au Pendjab et dans les régions avoisinantes enveloppent chaque hiver la capitale d’un épais brouillard toxique. A cela s’ajoutent la combustion des déchets et les feux de fortune utilisés pour se chauffer.
La pollution à New Delhi est la première cause de mortalité
Les particules fines (en particulier les PM2,5, d’un diamètre inférieur à 2,5 microns) pénètrent nos organes en profondeur. Elles provoquent des maladies respiratoires chroniques, aggravent les pathologies cardiovasculaires et sont associées à des troubles neurologiques. A New Delhi, la pollution est devenue la première cause de mortalité : on estime qu’elle cause d




