Lundi 13 mai, la tête de liste écologiste aux élections européennes, Marie Toussaint, a évoqué sur le plateau de C à vous la problématique des clusters de cancers pédiatriques en France. En critiquant le «manque de volonté politique» de la part du gouvernement pour esquisser une voie de sortie de ce qu’elle qualifie de «civilisation des toxiques», elle a immédiatement déclenché une levée de boucliers.
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Quels sont les arguments de ses contradicteurs ? Santé publique France, après avoir effectivement ouvert une vingtaine de dossiers pour des soupçons de clusters de cancers d’enfants, n’a pas pu établir un lien définitif entre ces cancers et les polluants environnementaux. Est-ce suffisant pour être certain qu’il n’existe aucun lien ? Certainement pas. L’histoire des scandales sanitaires passés nous l’a prouvé : l’incapacité à établir un lien de causalité irréfutable à un instant donné ne signifie nullement l’absence de cette causalité. Les instruments méthodologiques actuels de l’épidémiologie ne mesurent que très imparfaitement l’évolution des facteurs de risque sur un échantillon de population de taille modeste, comme c’est généralement le cas dans un contexte local.
La multiplicité des facteurs en question complique singulièrement la tâche des chercheurs, d’autant que leurs effets ne se mesurent parfois que sur plusieurs décennies. Ajoutons que les investigations sont souven