Sans acier, pas de transition énergétique : pas d’éoliennes, pas de pompes à chaleur, ou de voitures électriques. Or, l’acier européen est menacé de disparition du fait de la concurrence chinoise et indienne, du protectionnisme américain et de sous-investissements chroniques. Sans changement de modèle, les Européens deviendront dépendants de l’étranger pour les infrastructures de leur transition.
La stratégie des derniers gouvernements français – subventionner des géants privés en espérant qu’ils investissent – nous a menés dans une impasse. En 2023, ArcelorMittal a reçu près de 300 millions d’euros d’aides publiques. L’Etat était prêt à en verser 850 millions supplémentaires pour accompagner un projet d’acier bas carbone. Mais la multinationale n’a pas tenu ses engagements et menace de supprimer des emplois, selon la mécanique bien connue de socialisation des risques et de privatisation des gains.
L’exemple des investissements publics en Suède
A l’échelle européenne, pourtant, une bascule s’opère. Les travaillistes britanniques ont nationalisé leurs aciéries en 2025. L’Italie l’avait fait en 2021. En Allemagne, les sociaux-démocrates défendent la création d’un fonds souverain pour sécuriser le secteur. En Suède, Hybrit – l’un des projets de décarbonation de l’acier les plus avancés au monde – repose en grande partie sur la propriété et l’investissement publics.
La reprise en main du secteur par la puissance publique n’est plus taboue, elle redevient un outil de politique industrielle.
Le vote par l’Assemblée nationale fran




