La dernière traduction commentée en langue française du Banquet, la plus autorisée et la plus lue par les lycéens et les étudiants français, a été publiée en 1998 aux éditions Flammarion, par Luc Brisson, mon maître en platonisme.
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Issu d’une famille québécoise modeste, Luc Brisson fut envoyé au séminaire, où l’on pouvait recevoir dans les années 1950 une éducation classique gratuite. L’Eglise catholique tenait encore fermement la société québécoise, qui donnait ainsi ses fils à la prêtrise.
Au moment où il le traduisait, Luc Brisson me racontait combien ce dialogue avait compté dans son apprentissage du grec, parce que les professeurs du séminaire l’avaient choisi pour faire découvrir à leurs élèves l’un des chefs-d’œuvre de la prose grecque ancienne. Encore fallait-il pour les bons maîtres du séminaire «Saint-Tharcisius des pères du Saint-Sacrement» préparer un texte lisible par les élèves, c’est-à-dire l’expurger des passages qui traitent de sexualité : le dialogue où il avait appris le grec comptait bien moins de pages que celui qu’il traduirait quarante ans plus tard.
C’est qu’en effet, il est question de sexe dans le Banquet, et que les différents convives qui discourent à la demande de Socrate sur la nature du dieu Amour (Eros) sont des hommes mûrs, réunis entre amis, qui à mesure qu’ils trinquent ne s’embarrassent guère des convenances et parlent cru. Phèdre, le tragédien Agathon, son amant Pausanias, le médecin Eryximaque et le dramaturge comique Aristopha




