Heureusement, nous avons eu le temps de finir le livre. Un naturaliste sur le toit de la forêt est sorti aux éditions Paulsen en 2024, nous l’avions présenté ensemble à Saint-Malo, au festival Etonnants Voyageurs devant une grande salle comble, toute une foule venue plutôt pour lui, j’en suis bien conscient, je n’étais que le scribe, lui était le grand homme qui méritait un livre. Je voulais raconter sa vie, qui me paraissait romanesque, ce qui pour moi est synonyme de passionnant, et il était d’accord ; je voulais également raconter son œuvre scientifique, qui est essentielle à la compréhension du végétal, et il était d’accord là aussi.
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Alors, je venais le voir chez lui, ce qui n’était pas facile vu son agenda très chargé qui l’emmenait de la Bretagne au Costa Rica, de façon un peu imprévisible, je prenais à Bordeaux le train des villes du sud, je passais par Toulouse toute en briques, par les remparts de Carcassonne, par Sète où le train en équilibre oscille entre la mer et l’étang, jusqu’à Montpellier où il vivait, le trajet était long.
Il m’accueillait chez lui, avec Odile toujours présente, en toutes ses aventures, gardienne des souvenirs précis, et nous parlions, à bâtons rompus, de tout, dans le parc arboré autour de sa résidence, une ancienne propriété viticole transformée en appartements un peu biscornus, dans son salon orné des tableaux de son grand-père et envahi d’énormes épiphytes tropicaux, dans son bureau où entre des piles de livres et de dossiers, un e




