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Avoirs russes : les intérêts privés d’Euroclear ne sauraient bloquer une décision collective de l’Union européenne

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La possibilité de confisquer les actifs russes pour accorder un prêt de réparation à l’Ukraine comporte un risque financier qui concerne l’ensemble des pays de l’UE et pas seulement la holding qui en détient les titres, analyse la professeure d’économie Olena Havrylchyk.

Le siège d'Euroclear à Bruxelles, le 17 october 2025. (Ansgar Haase/SIPA)
Par
Olena Havrylchyk, professeure d’économie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne
Publié le 21/11/2025 à 10h13

L’utilisation des actifs russes pour accorder à l’Ukraine un «prêt de réparation» a été discuté pendant le dernier Conseil européen du 23 octobre. Néanmoins, la décision finale a été bloquée par la Belgique, où se trouve le siège d’Euroclear, l’institution privée au bilan duquel ces actifs sont immobilisés. Dans un entretien au Monde, Valérie Urbain, directrice générale d’Euroclear, n’a pas exclu des poursuites juridiques contre les instances européennes.

Pourquoi les intérêts privés d’Euroclear bloquent une décision collective visant à renforcer la sécurité européenne et à faire assumer par la Russie le coût de son agression ? Euroclear Holding est le plus grand dépositaire central de titres européen. Son rôle est d’enregistrer les titres – actions, obligations d’Etat et obligations d’entreprises – lors de leur émission ainsi que lors de leurs échanges sur les marchés secondaires. Autrement dit, un dépositaire central de titres veille à ce que le nombre de titres émis soit égal au nombre de titres en circulation. Le rapport récent de l’Institut français des relations internationales (Ifri) explique

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