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Bernard E. Harcourt, professeur à Columbia : «Donald Trump agit comme un conjoint violent à l’égard de ses citoyens et de ses alliés»

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En attisant les tensions, puis en appelant à la «désescalade», le président des Etats-Unis vise à maintenir la population dans une peur diffuse et à user les résistances jusqu’à la soumission, analyse le juriste et théoricien américain.

Donald Trump s'adressant à la presse, le 27 janvier 2026 devant la Maison-Blanche à Washington, D.C. (Saul Loeb/AFP)
Par
Bernard E. Harcourt, professeur de droit et de philosophie politique à l’université Columbia (New York) et à l'EHESS
Publié aujourd'hui à 11h28

Les Etats-Unis basculent vers l’autoritarisme. La dérive est manifeste. Des milices paramilitaires ont envahi les rues de Los Angeles, Portland, Washington, Chicago et Minneapolis. Lourdement armés, masqués, des agents anonymes opérant sous couverture se montrent plus loyaux envers leur chef que envers la Constitution américaine. La secrétaire de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a qualifié de «terroristes domestiques» des citoyens ordinaires abattus par ces nouvelles troupes.

Le vice-président J. D. Vance affirme, contre toute vérité, que les agents de l’ICE bénéficieraient d’une «immunité absolue». Et Donald Trump attise la violence, grisé par l’idée d’écraser un nouvel ennemi intérieur, l’immigré comme le militant démocrate. Ce fut cette fois Tim Walz, gouverneur du Minnesota, ex-colistier de Kamala Harris lors de la présidentielle, ce sera un autre dans quelques jours ou semaines.

Cette police militarisée relève du manuel classique de la contre-insurrection, ce que les commandants français Roger Trinquier et Davi

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