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Cameroun : ce silence de la communauté internationale qui étouffe une nation

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Le désintérêt pour l’élection présidentielle usurpée par le pouvoir en place témoigne de la solitude d’un peuple victime de la brutalité d’un régime postcolonial vieillissant et d’une quasi-indifférence du monde, estime un collectif de personnalités intellectuelles et artistiques du Cameroun.

A Yaoundé, le 27 octobre 2025, au lendemain de l'annonce des résultats de l'élection présidentielle. (Photo/AFP)
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un collectif de personnalités intellectuelles et artistiques du Cameroun
Publié le 11/11/2025 à 18h01

Le 12 octobre 2025, les Camerounais se sont rendus aux urnes pour élire leur Président. Tout indique que Paul Biya, à la tête de l’Etat depuis quarante-trois ans, a été battu par son challenger et ancien ministre Issa Tchiroma Bakary. Mais, fidèle à un scénario désormais bien rodé, le régime a usé de fraudes massives et mobilisé son arsenal institutionnel pour inverser la volonté populaire et s’accrocher au pouvoir. Après deux semaines de tripatouillages en coulisse, le Conseil constitutionnel inféodé au régime en place a déclaré le Président sortant vainqueur du scrutin, avec «53,66 %». Agé de 92 ans, il entame donc son huitième mandat consécutif.

Partout dans le pays, des foules se sont levées pour dénoncer cette énième confiscation de la souveraineté populaire. La répression fut immédiate et brutale : plus de 30 morts, des centaines de blessés, plus de 2 000 arrestations arbitraires ont été recensés à l’heure où nous écrivons. Parmi eux, des figures politiques et intellectuelles – comme Anicet Ekane, Djeukam Tchame

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