Elles s’appellent Timeleft, Knockk, Smatchy ou encore Bumble For Friends. Elles ont quelques années d’existence à peine et lèvent des millions d’euros d’investissements. Peut-être les avez-vous déjà utilisées, comme des centaines de milliers de Français. Ces applications de rencontre d’un genre nouveau proposent à leurs utilisateurs de nouer, avec des inconnus, des relations… amicales. Pour des abonnements allant de 10 à 70 euros par mois, vous pouvez dîner, partager une soirée au théâtre ou faire votre footing avec des étrangers.
A lire aussi
Comme toutes les plateformes, le modèle économique de ces applis repose sur leur capacité à intermédier une offre à une demande, jusqu’alors ignorée du capitalisme. Sauf que cette demande ne s’exprime ni en valeur ni en biens mesurables ; cette demande, c’est l’amitié. On comprend l’intérêt louable de ces nouveaux services qui se démultiplient sur nos smartphones : 31 % des Français déclaraient se sentir seuls en 2024. Chez les 18-24 ans, cette solitude «subjective» gagnait près de 40 % de la classe d’âge. La pandémie de Covid-19 a laissé derrière elle une société harassée et isolée par les confinements successifs ; elle a mis l’autre à distance, renforçant en cela l’individualisme croissant et la fragmentation de la nation en îlots de communautés.
Des applications qui prospèrent sur la fragmentation de la société
Il n’est pas question de critiquer les utilisateurs qui ont recours à ces applications. La douleur qui naît de la solitude ne saurait souffrir de commentaires moraux. Mais que disent ces application




