Le 7 novembre dernier, les Galeries Lafayette retiraient leurs emblématiques banderoles rouges des façades Art déco de Reims. L’arrivée programmée de Shein a précipité le départ d’une enseigne ayant atteint le statut de monument historique dans le cœur des Rémois.
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Dans quelle société vivons-nous pour permettre aux esclavagistes des temps modernes de s’installer dans ce qui fut l’écrin du luxe à Reims ? La recherche d’un profit maximum au détriment de la dignité humaine peut-elle, à ce point, avoir libre court dans la cité des sacres ? Comment accepter qu’une entreprise épinglée à de multiples reprises pour ses conditions de travail indignes, son opacité fiscale, et son impact environnemental dévastateur puisse bénéficier d’un accueil si complaisant en France ? L’implantation de Shein au BHV à Paris et aux Galeries Lafayette en régions n’est pas neutre : elle dit quelque chose de notre époque et de notre renoncement collectif. Paris hier, Reims demain ! Combattre Shein sans relâche est un impératif moral et social.
Il ne faut pas s’y méprendre : les responsables de l’invasion de Shein ne sont pas ceux qui achètent ses produits à bas coût, mais ceux qui exploitent honteusement la main-d’œuvre utilisée pour les fabriquer. Comment reprocher à ceux qui sont en galère de pouvoir d’achat de rechercher le prix le plus bas pour se nourrir, se vêtir ? Le véritable problème réside dans un modèle économique qui prospère sur la misère humaine, l’absence de droits sociaux et la destruction




