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Cyberattaque contre la Poste : un révélateur de la «guerre hybride» menée par la Russie

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L’objectif de l’attaque revendiquée par le groupe de hackers NoName057 (016) est probablement de chercher à exagérer la capacité de nuisance de la Russie, analyse Kevin Limonier, professeur à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris-8.

«Les ingérences dont l’Europe est victime ne sont pas le produit d’un Kremlin omnipotent. Elles sont le fruit d’un système décentralisé, soumis à une logique de marché concurrentiel.» (picture alliance/Getty Images)
Par
Kevin Limonier, professeur à l'Institut français de géopolitique de l'Université Paris-8
Publié le 02/01/2026 à 18h42

Fin décembre, le groupe la Poste a été victime d’une cyberattaque massive, qui a perturbé ses activités lors de la période des fêtes. Très rapidement, l’attaque a été revendiquée sur sa chaîne Telegram par NoName057 (016), un groupe de hackers expliquant vouloir priver les «russophobes» de «colis pour Noël». De nombreux experts en cybersécurité ont douté de la véracité de cette revendication.

Selon eux, NoName057 (016) aurait plutôt procédé à une revendication opportuniste – une tactique bien connue qui consiste à s’arroger les mérites d’autrui afin de faire parler de soi.

Par ailleurs, l’attaque commise contre la Poste n’était, a priori, pas particulièrement sophistiquée : elle a surtout été organisée au bon endroit et au bon moment, avec la bonne mise en scène.

Ainsi, et quelle que soit l’identité réelle de l’attaquant, qu’il soit lié à la Russie ou pas, la revendication de NoName057 (016) a agi comme un fixateur du récit géopolitique suivant : la Poste est la énième victime d’une énième itération de la «guerre hybride» menée par Moscou contre l’Europe.

Compte tenu du timing et de la teneur du message de revendication, l’effet recherché était probablement de participer à la saturation de l’

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