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De la Turquie aux Etats-Unis, défendre la liberté académique est une urgence démocratique

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Programmes de recherche interrompus, revues mises sous pression, menaces… Un collectif d’universitaires alertent sur la criminalisation du travail scientifique aux Etats-Unis, en Turquie, voire en France, dès lors qu’il met en lumière des rapports de domination.

Devant la Congrès de Californie, à Sacramento, lors d'une manifestation en faveur de la science, le 7 mars 2025. (Penny Collins /NurPhoto via AFP)
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Un collectif d'universitaires
Publié aujourd'hui à 21h17

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la sociologue Pinar Selek se prépare pour une nouvelle audience devant la justice turque prévue à Istanbul le 2 avril 2026. Depuis vingt-sept ans, elle est la cible d’une répression politico-judiciaire ininterrompue pour avoir refusé, en 1998, de livrer les noms de personnes interrogées dans le cadre de ses recherches sur le mouvement révolutionnaire kurde.

Arrêtée, torturée, emprisonnée plus de deux ans, acquittée à quatre reprises, elle a finalement été condamnée à la prison à perpétuité à l’issue de procédures entachées de violations massives du droit, fondées sur des preuves fabriquées par un pouvoir autoritaire. L’affaire Selek constitue un cas limite révélateur d’une dérive plus générale : la criminalisation du travail scientifique lorsqu’il met en lumière des rapports de domination, des conflits politiques ou de formes de violence d’Etat.

Aux Etats-Unis, l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump a marqué un tournant brutal dans les relations entre le pouvoir politique et les universités. Depuis janvier 2025, plusieurs programmes de recherche ont été suspendus ou réorientés sous la pression des autorités fédérales, et des financements jusque-là garantis ont été gelés

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