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Dermatose nodulaire contagieuse : l’occasion inespérée de remettre en question l’élevage, par Jérôme Segal

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Près de trente ans après la crise de la vache folle, celle de la DNC devrait être la déclencheuse du changement de statut des éleveurs et du lancement d’un programme ambitieux de reconversion, estime l’historien.

Près de trente ans après la crise de la vache folle, cette crise devrait être considérée comme une occasion de remettre en question l’élevage. (Fabrice Picard/Libération)
Par
Jérôme Segal, historien, maître de conférences à Sorbonne Université
Publié le 19/12/2025 à 21h30

En France, plus de quatre millions de bovins sont abattus chaque année. L’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a nécessité l’abattage d’un peu plus de 3 000 bovins, et on assiste dans les médias à des scènes poignantes mettant en scène des éleveurs et éleveuses qui pleurent, au sens propre comme le montrait un récent article dans Libération, de voir leurs bêtes «partir».

Dans une récente tribune du Monde, la sociologue Jocelyne Porcher décrit ces «images de jeunes veaux appelant leur mère avant d’être brutalement poussés dans des bétaillères, alors même qu’ils tiennent à peine sur leurs pattes». Mais n’est-ce pas là une scène habituelle de tous les élevages destinés à produire de la viande ou du lait ?

Faut-il rappeler que si une vache a du lait, c’est qu’elle a été préalablement inséminée pour accoucher d’un veau ou d’une génisse ? Et que ces veaux sont enlevés et rapidement tués pour «faire» de la viande, de façon que le lait qui lui était destiné soit capté par les humains ?

La sociologue écrit que «la vache des défenseurs des animaux n’existe pas dans son individualité». Bien au contraire ! C’es

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