Dans un livre tout à la fois personnel, poignant, réflexif et politique, Arthur Dénouveaux nous adresse à tous collectivement une question : qu’avons-nous fait, dix ans après, des attaques terroristes du 13 novembre 2015 ? Face à l’incompréhensible, l’esprit est d’abord frappé de sidération. La conséquence en est, selon son expression, «le violent silence» de la mort. Il faut un sacré courage pour le reconnaître : «La passivité absolue de la victime» empêche la moindre pensée, la moindre parole. N’y a-t-il plus alors qu’à taire cela dont on ne peut parler ? Ce serait laisser le dernier mot au terrorisme.
Les symptômes de notre inaction collective et d’une certaine démission politique sont déjà bien visibles : la peur gouverne en silence. Victoire insidieuse du terrorisme. Mais «à quel régime mène la peur ?… jusqu’où la peur peut-elle mener les individus ?» demande Dénouveaux. L’inflation des politiques sécuritaires a toujours un temps de retard et alimente la peur qu’elle prétend traiter faute de s’attaquer aux causes.
Dénouveaux souligne la nécessité pour les victimes de ne pas se laisser enfermer dans leur statut de victimes, et nous alerte sur ce poison de «l’image que les autres on




