«La France ne peut être la France sans la grandeur.» Ces mots, qui ouvrent les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle, n’ont sans doute jamais résonné avec autant de force qu’à l’aube de l’échéance présidentielle de 2027.
Pendant des décennies, nous nous sommes bercés de l’illusion que l’élection présidentielle n’était qu’un grand inventaire national, un arbitrage entre le prix de l’essence et l’âge de la retraite. Mais le confort de l’insularité électorale a vécu. Alors que les crises s’empilent – de l’agression russe en Ukraine au bras de fer dans le détroit de Taiwan, de l’embrasement du Proche-Orient à l’instabilité chronique du Sahel – la fonction présidentielle a muté. Là où les premiers présidents consacraient la moitié de leur temps aux affaires du monde, le prochain locataire de l’Elysée devra y consacrer 95 % de son énergie. En 2027, le scrutin ne se jouera pas sur les promesses domestiques, mais sur la capacité des candidats à incarner, enfin, cette grandeur nécessaire à notre survie géopolitique.
Le rapport au monde des candidats depuis 1974
Contrairement à la légende, les grands tournants de notre vie démocratique ont souvent été dictés par le rapport au monde des candidats à cette élection. En 1974 et en 1981, Valéry Giscard d’Estaing attaque François Mitterrand en agitant le spectre des chars soviétiques à Paris, ou en l’interrogeant sur le cours du mark, déplaçant le débat économique français dans le sillage de l’Europe.




