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Interview

«En Grèce, le retour à la rhétorique de la guerre civile témoigne de la profonde empreinte du conflit sur la culture politique»

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Il y a quatre-vingts ans, le pays vivait une lutte entre le mouvement de résistance aux nazis, lié aux communistes, et l’armée nationale représentant les intérêts de la bourgeoisie. L’historien Vangelis Karamanolakis analyse pour «Libé» les répercussions de cette période.

Arrestations de communistes à Athènes en décembre 1944. (AFP)
ParFabien Perrier
Correspondant à Athènes
Publié le 13/12/2025 à 14h04

Il y a quatre-vingts ans, la Grèce sortait de la Seconde Guerre mondiale et sombrait dans la guerre civile. Ce moment de l’histoire est crucial : ce traumatisme n’a jamais véritablement fait l’objet d’un travail de mémoire bien qu’il ait divisé la société et les familles. Vangelis Karamanolakis, professeur d’histoire grecque moderne et contemporaine à l’Université d’Athènes et président du conseil d’administration des archives d’histoire sociale contemporaine analyse, pour Libération, cette période et ses répercussions dans la culture politique, de la dictature des colonels (1967-1974) aux débats politiques actuels.

Dans quel contexte se trouvait la Grèce lorsqu’elle plongea dans la guerre civile en 1945 ? Quelles forces internes étaient impliquées ?

La Grèce est le seul pays européen qui, deux ans après sa libération et à l’aube de la guerre froide, s’est retrouvé plongé dans une guerre civile «chaude». Cette particularité est liée aux profondes transformations que la Seconde Guerre mondiale y a causées. Pendant

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