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En m’excommuniant, Clémentine Autain illustre le vertige #MeToo, par Caroline Fourest

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L’essayiste, autrice du «Vertige MeToo», voit dans la tribune de la députée de Seine-Saint-Denis un «procès de Moscou», si excessif qu’il la conforte dans le bien-fondé de son livre : dénoncer l’instrumentalisation du mouvement féministe par «la gauche Mediapart» et l’incapacité de celle-ci à avoir des discours nuancés.

Caroline Fourest, essayiste, journaliste, réalisatrice française, chez elle, à Paris (Photo by Patrick Robert/Sygma via Getty Images) (Patrick Robert - Corbis/Getty Images)
Par
Caroline Fourest
Essayiste, journaliste
Publié le 02/10/2024 à 17h03

Si vous voulez tuer votre chien, dites qu’il est réactionnaire. Il y a si longtemps que la gauche sectaire utilise ce procédé pour excommunier ceux qui, à gauche, ne pensent pas comme elle. Après Ruffin et Roussel, c’est à mon tour si j’en juge par la tribune que Clémentine Autain me consacre dans Libé : «Caroline Fourest : le vertige réactionnaire». En vrac, elle m’accuse de vouloir «casser la tête du mouvement #MeToo», de douter «des femmes» (serais-je à la fois réactionnaire et misogyne ?), et de «mettre à terre tous les soubassements de la parole libérée». Rien que ça. En réalité, ce procès de Moscou est si excessif qu’il donne tout son sens à mon livre et condense tout ce que je reproche à ce féminisme politicien et victimiste : d’instrumentaliser #MeToo et d’interdire la nuance.

Défendre les victimes de viols et de prédateurs, c’est le combat de ma vie, depuis mon premier signalement à 12 ans pour mettre à l’abri une amie violée par son père, plus tard lorsque j’ai soutenu mon amie Tristane Banon dans l’affaire DSK, les yézidies ou les victimes de Tariq Ramadan.

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