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Epstein : un système qui traite les femmes comme des crevettes décapitées, par Hélène Devynck

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Où sont les victimes du pédocriminel dans le bruit médiatique qui entoure la publication de plus de trois millions de fichiers ? Tous semblent oublier que l’appropriation du corps des femmes est le noyau de cette affaire.

En 2025, à Washington D.C., lors d'un hommage rendu aux victimes du pédocriminel Epstein, et la prise de parole de l'une d'entre elles, Annie Farmer. (Daniel Heuer/AFP)
Par
Hélène Devynck
journaliste
Publié aujourd'hui à 13h06

Les femmes, c’est comme les crevettes, «tu jettes la tête et tu gardes le corps», écrit Jeffrey Epstein au français Olivier Colom, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy. La conversation, publiée par Mediapart, se conclut sur l’accord des deux hommes autour de leur aversion pour «les crevettes noires» qui puent.

Olivier Colom jure qu’il n’a jamais soupçonné ce qui arrivait à ces troupeaux d’adolescentes traitées comme des crevettes. Il ne savait rien.

Comme Jack Lang, combien sont-ils à avoir passé les années 2010 si haut dans la stratosphère pour penser que ce scandale mondial touchant l’un de leurs généreux amis ne puisse pas les atteindre ? Pendant ce temps, sur la planète Terre, parmi le millier de victimes déclarées, plusieurs dizaines ont pris la parole publiquement, se sont exposées, se sont battues avec la justice, ont fondé des associations. Virginia Giuffre était l’une des plus actives, des plus engagées. Après avoir été violée par Epstein, elle a passé plus de dix ans, embringuée dans des procès croisés en diffamation.

Elle n’a pas encore 16 ans quand son père lui trouve un premi

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