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Face à l’économie de guerre, ayons le courage de la paix

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Alors que l’Assemblée nationale doit se prononcer le 10 décembre sur l’augmentation des moyens de nos armées, Stéphane Peu, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine, dénonce l’escalade guerrière du président de la République, reléguant l’école ou le social au second plan.

Défilé du 14 juillet 2025 sur les Champs-Elysées, avec ici les forces armées indonésiennes. (Albert Facelly/Libération)
Par
Stéphane Peu, président du groupe parlementaire de la gauche démocrate et républicaine
Publié le 05/12/2025 à 15h49

Le 10 décembre prochain, les députés seront appelés à voter sur la «trajectoire d’augmentation de nos armées», dans le cadre d’un débat destiné à remplacer le vote sur la mission défense, qui ne pourra se tenir en raison du rejet massif de la partie recettes du projet de loi de finances pour 2026. Un débat qui symbolise l’horizon collectif que veulent offrir le président de la République et le gouvernement à notre pays.

Et pour cause : le PLF pour 2026 ancre la France dans une «économie de guerre». Le budget des armées atteint des niveaux inédits depuis la fin de la guerre froide. Le président Macron s’enorgueillit même d’avoir doublé en dix ans (2017-2027) le budget de notre Défense. Ainsi, 64 milliards d’euros seront consacrés au budget des armées en 2027. Faut-il rappeler que c’est le seul budget à bénéficier d’un tel traitement, alors que ceux de la santé et de l’Education stagnent face à l’inflation ?

Le budget de l’Ecole est au deuxième rang

Quand l’Ecole descend au deuxième rang du budget de l’Etat, derrière la Défense, ce n’est pas seulement une ligne comptable qui bouge : c’est tout un projet de société qui bascule. Jamais nous ne nous résoudrons à privilégier la puissance militaire sur l’émancipation par le savoir. Jamais nous n’accompagnerons un tel renversement des valeurs de notre nation.

Cette décision politique majeure du président de la République et du gouvernement engage la société française bien au-delà de la solidarité avec l’Ukraine. Il s’agit, désormais, d’installer la guerre comme h

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