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Face aux «lumières sombres» de l’Américain Peter Thiel, le milieu des affaires européen doit réaffirmer ses «Lumières»

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Pour Grégory et Sacha Edberg, enseignants à Sciences-Po, il est crucial que les capitaines d’industrie européens opèrent un réarmement idéologique pour répondre pied à pied aux critiques d’outre-Atlantique.

Lors de l'invitation du milliardaire technofasciste Thiel par la philosophe Delson à l'Institut de France, à Paris, le 26 janvier 2026. (Denis Allard/Libération)
Par
Grégory Edberg
enseignant à Sciences-Po, banquier d'affaires
Sacha Edberg
enseignant à Sciences Po, entrepreneur
Publié le 02/02/2026 à 12h26

Imagine-t-on Arthur Mensch ou Xavier Niel (respectivement fondateurs de Mistral AI et d’Iliad) atterrir à Washington, franchir les portes de la bibliothèque du Congrès, et y partager face à un aréopage d’intellectuels américains ses inquiétudes quant à l’imminence de l’apocalypse ? Nous avons pourtant assisté à une scène symétrique ce 26 janvier quand Peter Thiel (cofondateur de Paypal), convié à l’Académie des sciences morales et politiques, y a prononcé un discours dont le fil conducteur était l’angoisse de l’avènement de l’antéchrist. Le contenu de cette intervention, dévoilé par la revue le Grand Continent, donne le vertige.

On est d’abord frappés par la richesse de l’exposé. On savait que Peter Thiel était plus qu’un homme d’affaires : formé à la philosophie à l’université de Stanford, il est la figure de proue des lumières sombres, ce nexus de penseurs néoréactionnaires actifs aux Etats-Unis depuis le milieu des années 2010, de plus en plus populaires parmi les milliardaires de la Silicon Valley et dont la critique féroce de la démocratie libérale inspire jusqu’au vice-président J. D. Vance. On découvre cependant avec quelle virtuosité il mêle comm

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