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Libération
Génération désenfantée

«Faire des enfants, c’est refuser la catastrophe», par Frédéric Spinhirny

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Face à l’état du monde, les jeunes adultes proposent une grève des ventres, le boycott des enfants. Mais craindre que la naissance d’un être accentue la destruction du monde, c’est considérer que celui-ci se montrera aussi incapable que nous aujourd’hui, selon le philosophe et directeur d’hôpital.
Un nouveau-né est examiné à la maternité de Kahani, à Mayotte, une semaine après le passage de Chido. (Yves Herman/REUTERS)
par Frédéric Spinhirny, Directeur des Affaires Médicales, de la Recherche et de l’Innovation du CHU de Tours
publié le 19 janvier 2025 à 15h18

Désormais c’est un marronnier dans les médias : à l’approche des fêtes de Noël, on célèbre les valeurs familiales qui accompagnent la nativité, puis on s’attendrit avec le premier nourrisson de la maternité du coin, né pendant le réveillon du nouvel an. Et dès janvier, ce rappel cinglant, chiffres à l’appui, d’une baisse jugée inexorable des naissances en France, en Europe et dans le monde. On ne compte plus les articles et les reportages alarmistes sur les jeunes adultes qui décident de ne pas avoir d’enfants devant l’effondrement écologique, les maladies, les incertitudes économiques, l’état général du monde. Grève des ventres et boycott des enfants, ce serait le véritable engagement politique.

Les époques précédentes n’ont pourtant pas été épargnées par le malheur, pensons aux catastrophes naturelles, aux pestes, aux grandes guerres et à la menace nucléaire. A tous les néomalthusiens, on ne saurait que conseiller de trouver une voie plus rapide pour parvenir à réduire leur empreinte sur l’environnement. Identifier un groupe humain pour le réduire, voilà une vraie idée humaniste ! Et quel courage de faire porter la gloire de sa décision sur l’absence d’êtres qui, de toute manière, n’existent pas encore. C’est toujours plus simple que de parler du dra