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Femmes de 50 ans : le cul entre deux âges

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Née trop tard pour changer la face du monde et trop tôt pour s’épargner le spectacle de sa déliquescence : c’est le constat énervé de l’autrice et réalisatrice Ingrid Seyman qui voudrait avoir dix ans de moins, maintenant.

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2025, à Paris. (Cha Gonzalez/Libération)
Par
Ingrid Seyman, autrice et réalisatrice
Publié le 06/12/2025 à 17h04

Nous sommes des femmes de 50 ans et avons la sensation de ne pas appartenir à la bonne génération : trop vieilles pour la révolte mais encore trop remuantes pour la résignation.

Souvent, on se pense condamnées, impuissantes à changer, nous d’abord et le monde, dont la fin imminente nous est annoncée depuis si longtemps qu’on a fini par s’en lasser. Parfois même, on se dit : putain, ça prend des plombes. Et c’est vrai que ça prend des plombes, de mater sans réagir les abeilles qui crèvent et les haines fleurir, les pro-ceci et les anti-cela, comment oses-tu dire ou même penser ça, moi c’est moi, toi tais-toi et ne va pas prétendre que nous fûmes tous Charlie et même des juifs allemands. Un jour, il y a longtemps. Chaque matin, désormais, charrie sa nouvelle guerre – fantasmée ou réelle – et son camp à rallier sous peine de passer pour un traître. Loin des vrais champs de bataille, les blessés se comptent en egos. On est tous vexés. Tous choqués. Tous meurtris. Et pas un pour se souvenir de ce qui nous rassemble : le mur qu’on va se prendre.

Vivons en spectatrices de notre propre inertie

Coincées devant ce mauvais

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