«Nous subissons des discours anticoloniaux qui ne correspondent plus à des réalités, à notre pratique.» En janvier 2026, devant les ambassadrices et ambassadeurs, Emmanuel Macron a de nouveau affirmé que la relation de la France avec l’Afrique relèverait désormais d’un «partenariat d’égal à égal». Mais que disent réellement les faits économiques derrière ce récit officiel ?
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C’est précisément au moment où ce discours se déploie que l’association Survie-Ensemble publie un rapport inédit sur la présence économique française en Afrique. Fondé sur le croisement de données variées, ce travail met en lumière un décalage profond entre la parole présidentielle et la réalité : si la part de marché des entreprises françaises a bien reculé sur le continent, ce reflux ne signe ni la fin de la Françafrique ni la disparition des rapports de domination. Ceux-ci se recomposent, à travers des asymétries économiques persistantes et un imaginaire colonial toujours à l’œuvre.
Le constat est désormais bien documenté. La place des intérêts économiques français dans les économies africaines a fortement diminué depuis les indépendances. Alors que la part de marché française dépassait 60 % dans les années 1960, elle ne représente aujourd’hui qu’un peu plus de 3 % en Afrique subsaharienne, et autour de 10 à 12 % dans l’ancien précarré colonial.
Ce recul est ancien, largement antérieur à l’arrivée de la concurrence chinoise souvent pointée du doigt, et s’inscrit dans le temps long de la mon




