Chaque tentative de médiation de la guerre entre la Russie et l’Ukraine présente le droit international comme une ressource pour mettre fin au conflit. Pourtant, agresseur comme agressé invoquent chacun des raisons légales pour légitimer la poursuite de la guerre. Du côté russe, «l’opération spéciale» est justifiée par la nécessité de protéger les populations du Donbass, voire par la prétendue prévention d’un génocide.
La Russie a ainsi massivement octroyé des passeports russes dans des territoires ukrainiens afin de pouvoir ensuite invoquer la protection de ses ressortissants comme fondement juridique de la guerre. A l’inverse, Volodymyr Zelensky et ses partenaires occidentaux s’appuient sur les principes de la charte des Nations unies, au premier rang desquels l’interdiction du recours à la force et le respect de l’intégrité territoriale pour dénoncer l’agression et les crimes de guerre russes. Est-il possible que la référence au droit, loin d’entraver la violence, contribue à prolonger une guerre destructrice, sans perspective de victoire décisive ?
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Les lignes de front ont évolué par paliers, avec des gains territoriaux russes constants, mais relativement limités au regard de l’étendue du pays. La Russie occupe encore environ 19 % du territoire ukrainien et, depuis l’invasion, son armée n’aurait conquis que moins de 2 % de territoire supplémentaire, malgré de lourdes pertes humaines et matérielles, sans compter le ralentissement économique. Des estimations évoquent p




