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tribune

Israéliens et Palestiniens, le jour d’après, par Etgar Keret

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Les dirigeants des deux camps réduisent au silence toute évocation de l’après-guerre entre le Hamas et l’Etat hébreu, déplore l’écrivain israélien pour qui le seul changement possible consiste à les remplacer.

Une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, à Tel-Aviv, le 27 avril 2024. (Ohad Zwigenberg/AP)
ParEtgar Keret
Ecrivain
Publié le 29/04/2024 à 19h51

Il y a quelques semaines, j’ai regardé le monologue du comique égypto-américain Ramy Youssef en préambule de l’émission Saturday Night Live. Vers la fin, il a prié Dieu de «mettre fin à la violence» et de «libérer le peuple de Palestine», ce à quoi le public a répondu par des applaudissements nourris. En tant qu’Israélien fatigué du monde, j’ai diagnostiqué que la foule enthousiaste était composée de new-yorkais de gauche et pro-palestiniens. Mais une seconde plus tard, Youssef a déclaré qu’il priait également pour la libération de tous les otages, ce qui a suscité des applaudissements tout aussi nourris.

C’est à ce moment-là que j’ai compris que, contrairement à ce qui se passe sur les réseaux sociaux, où il y a un clivage net entre ceux qui aiment Israël et ceux qui le haïssent, le reste de l’humanité est pour l’essentiel très humain : lorsqu’il voit une jeune femme israélienne paniquée être traînée de force vers Gaza, il veut qu’elle soit libérée ; lorsqu’il voit une famille palestinienne affamée, recroquevillée sous une tente de fortune, pleurant ses morts, il veut que leurs souffrances cessent. Oui, je sais, beaucoup de gen

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