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J’ai entendu Gisèle Pelicot et j’ai ressenti une gêne d’être un homme

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A l’occasion de la sortie de son livre, Gisèle Pelicot s’exprimait mercredi sur un plateau de télévision et revenait sur le procès qui l’a rendue célèbre malgré elle. L’écrivain Nadir Dendoune raconte un choc, une prise de conscience.

Portrait de Gisèle Pelicot, le 3 février 2026, à Paris. (Ava du Parc/Libération)
Par
Nadir Dendoune
écrivain
Publié le 12/02/2026 à 18h52

Mercredi soir, j’ai regardé Gisèle Pelicot parler. Elle venait présenter son livre dans l’émission la Grande librairie. J’avais suivi le procès. Je savais ce qui s’était joué, dans le vacarme des titres et le flot d’informations. Mais là, c’était autre chose. Pour la première fois, je l’entendais, elle. Longuement. Calmement. Sans trembler. Et j’ai pris ça en pleine gueule.

Je ne m’attendais pas à ressentir autant de choses en même temps. De la tristesse. De la colère. Du dégoût, évidemment. Et puis une gêne. Pas une honte personnelle, pas parce que j’ai fait quelque chose. Pas de la culpabilité. Je sais que je ne suis pas eux. Je sais que je ne ferai jamais ça. Mais j’ai ressenti une gêne d’être un homme.

Parce que quand des hommes «ordinaires» sont capables du pire, ça fissure quelque chose. Le fait qu’ils aient continué à vivre, à sourire, à travailler, pendant que tout ça existait. Ils ne sont pas des monstres isolés. Ce sont des

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