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tribune

Jean-Paul Sartre, l’islamisme et leur néant, par Claude Askolovitch

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Il est de bon ton de dépeindre le philosophe en révolutionnaire de salon soumis à l’islam radical. S’il n’y a rien de choquant à rappeler les erreurs des grands morts, encore faut-il ne pas mentir : Sartre n’est jamais allé à Téhéran faire allégeance à Khomeiny, rappelle le journaliste.

L'écrivain Jean-Paul Sartre en 1948. (AFP)
Par
Claude Askolovitch, journaliste
Publié le 05/11/2025 à 14h31

Dans le Parisien-Aujourd’hui en France du lundi 3 novembre s’est lové un mensonge. Nous parlons de Jean-Paul Sartre, qu’un journaliste contemporain dépeint en valet des mollahs iraniens, quarante-cinq ans après sa mort. Je cite ici l’éditorial de Nicolas Charbonneau, directeur du journal. «Quand l’ayatollah Khomeiny, père de la révolution islamique, était en exil en France, les intellectuels se pressaient pour tenir salon. Plus tard, Jean-Paul Sartre, non content d’appartenir à son comité de soutien, se rendra en visite officielle à Téhéran. Etrange cohabitation avec le diable qui n’allait pas tarder à instaurer la charia dans son pays.»

Faisons simple. Sartre ne s’est jamais rendu en visite officielle en Iran. Mais que faire d’un mensonge dans un vieux grand journal ? Passer sur le style et le prendre au sérieux. Pris de doute, j’ai passé quelques heures à chercher des traces d’une expédition honteuse qui n’a jamais existé. Ce ne fut pas du temps perdu. J’ai pu revisiter u

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