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La commune : un projet politique postmoderne ?

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Alors que se termine le 107e congrès des maires, Daniel Béhar, géographe et élu local de la Haute-Loire, s’interroge sur le retour en grâce actuel de ce territoire. Valeur refuge ou nouvel idéal politique ?

Face aux inquiétudes de toutes natures induites par la globalisation, l’heure est à la proximité. Ici, hôtel de ville de Nançay (Cher) en 2025. (Jean-Michel Delage /Hans Lucas. AFP)
Par
Daniel Béhar, géographe, professeur émérite à l’Ecole d’urbanisme de Paris et élu local en Haute-Loire
Publié le 21/11/2025 à 14h17

Depuis les années 1960, les communes sont la cible première des modernisateurs de l’action publique. Héritées des paroisses de l’Ancien Régime, trop nombreuses, trop petites, elles ne correspondent plus à l’idéal contemporain, celui du «territoire pertinent», autrement dit, de l’adéquation entre le bassin de vie et le périmètre institutionnel. A mesure que le premier se dilate sous l’effet des mobilités, de la dissociation entre domicile et travail, il faut revoir la carte des pouvoirs locaux. C’est ainsi que l’on crée, dès 1964, les premières intercommunalités.

A l’opposé de la plupart de nos voisins européens, qui prennent le parti dans la même période de radicales réductions de leurs nombres de communes, la France fait le pari prudent de la coopération entre communes, au travers d’une élection au second degré des intercommunalités et d’un transfert progressif de compétences d’abord techniques (gestion des réseaux…).

Mais si les modernisateurs de tous bords, gouvernements de droite et de gauche confondus, prônaient la coopération («l’inter»), ils pensaient la fusion («le supra»). C’est ainsi qu’en 2014

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