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La diplomatie des couards, par François-Henri Désérable

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Le communiqué d’Emmanuel Macron suite à l’enlèvement de Nicolás Maduro est un chef-d’œuvre de prudence molle, où chaque mot a été calibré pour ne pas froisser la Maison Blanche. Voilà qui en dit davantage sur la France que sur le Venezuela, selon l’écrivain François-Henri Désérable.

Lors d'une manifestation devant l'ambassade américaine à Santiago du Chili, le 3 janvier 2026, à la suite de la frappe américaine au Venezuela où le président Maduro et son épouse ont été capturés. (Pablo Sanhueza/Reuters)
Par
François-Henri Désérable, écrivain
Publié le 05/01/2026 à 16h31

«En esta aduana, no se habla mal de Chávez.» Traduction : «A cette douane, personne ne dit du mal de Chávez». Lorsque je suis entré au Venezuela par la Colombie au printemps 2017, une banderole rouge barrée de lettres blanches mettait en garde tous ceux qui franchissaient la frontière. Chávez, figure tutélaire de la «révolution bolivarienne», était mort depuis quatre ans déjà et lui avait succédé, à la tête de l’Etat, un ancien chauffeur de bus sans grande envergure, soutien de Kadhafi et de Bachar el-Assad : Nicolás Maduro.

Chaque matin, des milliers de Vénézuéliens franchissaient la frontière pour s’approvisionner dans les supermarchés ou les pharmacies de Cúcuta. Le pays manquait de tout – savon, papier hygiénique, couches, médicaments –, mais surtout, de quoi manger. A Caracas, j’avais retrouvé mon amie Claudia : en six mois, elle avait perdu huit kilos. «Grâce au régime, dit-elle : le “régime Maduro”.» Elle trouvait encore le moyen d’en plaisanter : «Les Vénézuéliens n’ont jamais que trois problèmes : le petit déjeuner, le

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