Droite dure, extrême droite ? Comment situer Giorgia Meloni sur l’échiquier politique italien ? Au-delà des particularismes transalpins, cette question revêt depuis quelques semaines une importance cruciale en France, où nombre de dirigeants et de médias conservateurs, invoquent le bilan de la Première ministre italienne pour vanter sa modération sur les questions économiques européennes et internationales. Avec un objectif : préparer leurs troupes à une union des droites incluant le Rassemblement national. Pour le chercheur Jean-Pierre Darnis, si la force dont est issue Georgia Meloni s’est placée dans l’«arc républicain» au fil des alliances menées avec Berlusconi, la politique qu’elle mène n’a rien à voir avec celle promue par le parti de Marine Le Pen. Et certaines de ses actions dans le domaine sociétal et culturel opèrent un retour aux fondamentaux du fascisme, juge la philosophe italienne Michela Marzano.
Au cours des dernières semaines, le débat politique français a vu émerger de nombreuses références à la droite italienne, comme en témoigne notamment l’interview d’Edouard Philippe du 4 juin 2025, sur France Inter. En France, on présente souvent Giorgia Meloni comme une dirigeante qui, après une campagne résolument droitière en 2022, aurait été rattrapée par la réalité du pouvoir, adoptant un pragmatisme modérateur couronné de succès. Cette interprétation mérite d’être nuancée.
La droite italienne doit beaucoup à Silvio Berlusconi, qui fonde Forza Italia en 1994 et remporte les élections législatives à la tête d’une coalition de «centre droit» hétéroclite, associant le Movimento Sociale Italiano (MSI) – parti héritier de la tradition post-fasciste dirigé par Gianfranco Fini – et les autonomistes septentrionaux de la Lega d’




