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Le script néofasciste derrière les exactions de la milice ICE à Minneapolis, par Sylvie Laurent

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Meurtres, passages à tabac, violations des droits humains… Ce qui se passe à Minneapolis se reproduira ailleurs. Pour l’extrême droite au pouvoir, la confrontation est recherchée, le vieux fantasme de la guerre civile devant servir à consolider son emprise sur le pays, analyse l’historienne.

Des agents fédéraux de l'immigration se préparent à entrer dans une maison pour procéder à une arrestation après qu'un agent a utilisé un bélier pour défoncer une porte le 11 janvier 2026, à Minneapolis (Minnesota). (John Locher/AP)
Par
Sylvie Laurent
historienne et américaniste française
Publié le 25/01/2026 à 12h03

Pendant qu’à Davos, les puissants de la planète tentaient encore de conjurer la catastrophe qu’est devenu leur monde, transformé comme dans le film de Charlie Chaplin en un globe de plastique avec lequel s’amuse «le dictateur», des anonymes, loin de là, entraient en dissidence. A ce jour, deux d’entre eux y ont laissé la vie. Deux semaines après la mort de Renee Good, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, a été tué lors d’une altercation entre des agents de la Border Patrol et des habitants de la ville.

A Minneapolis, ville progressiste du Minnesota, l’administration américaine s’est employée depuis des semaines à démontrer sans fard quelle était la nature du nouveau régime : la police fédérale de l’immigration, ICE, créée au lendemain du 11 septembre 2001 avec le ministère de la Sécurité intérieure pour joindre la «guerre au terrorisme» et la lutte contre l’immigration clandestine, a entamé une chasse à l’homme raciste dans les rues de la ville. La communauté somalienne est ainsi la cible principale de cette présence paramilitaire agressive, faite d’arrestations arbitraires, de passages à tabac, de pénétration de domiciles privés sans autorisation et d’intimidations quotidiennes de la population. Noirs et musulmans (citoyens américains pour nombre d’entre eux), les résidents d’origine somalienne sont l’objet d’une détestation raciste obsessionnelle du Président qui, après avoir qualifié la députée somalienne Ilan Omar de «déchet», a traité toute la communauté somalienn

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