C’est le genre de femme qui vient pour la première fois chez vous, enlève ses chaussures, se met sans façon sur votre lit et prend votre bébé sur ses genoux, puis, un peu plus tard, mélange à pleines mains votre salade parce que c’est plus goûteux comme ça. Vous la rencontrez, elle vous connaît depuis toujours, elle vous prend dans ses bras. Telle était Leïla Shahid, tornade pétillante d’empathie – aussi intense dans la vie intime que sur la scène politique.
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Sa grande différence, c’est qu’elle voyait l’autre. A 16 ans, en pension à Londres, elle rencontre deux jeunes filles israéliennes, l’une qui n’arrête pas de jouer au piano l’hymne national israélien pour la faire enrager, l’autre qui devient son amie. Elle comprend alors, et pour toujours, que les gens ne sont pas des nationalités, mais des gens.
En 2002, à la télé française, elle décrit le conflit comme «la tragédie de deux peuples ayant chacun souffert énormément, le peuple israélien étant porteur du souvenir du génocide des Juifs en Europe». Qui d’autre, parmi les personnalités palestiniennes d’aujourd’hui, pourrait en dire autant ?
A l’écouter, on comprend q




