Menu
Libération
tribune

Les lycées français de l’étranger doivent rester un service public accessible à tous

Réservé aux abonnés

Face aux coupes budgétaires et aux frais de scolarité parfois exorbitants, l’enseignement français hors du pays doit être repensé. Pourquoi ne pas renforcer les filières multilingues, suggère Samy Ahmar, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger.

Au lycée français de Los Angeles, les frais de scolarité dépassent 40 000 dollars par an. (Mindy Schauer/MediaNews Group. Getty Images)
Par
Samy Ahmar, élu à l’Assemblée des Français de l’étranger, Commission de l'Enseignement et des Affaires Culturelles
Publié aujourd'hui à 12h19

Depuis plus d’un siècle, le modèle du lycée français à l’étranger s’est imposé comme la vitrine de l’éducation française dans le monde. Structuré au sortir de la période coloniale puis consolidé dans l’ère post-coloniale, il a longtemps été considéré comme un outil diplomatique, culturel et académique de premier plan.

Pourtant, ce modèle historique, qui repose sur des établissements français à gestion directe ou conventionnée, ne correspond plus aujourd’hui aux aspirations ni aux réalités de la diaspora française. Les Français de l’étranger évoluent désormais dans des environnements où l’offre éducative publique locale est souvent d’excellente qualité – notamment en Europe ou en Amérique du Nord – et recherchent un accès plus souple, plus intégré, et surtout plus accessible à l’enseignement en langue française.

Le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, chargé d’une mission de service public et garant de la cohérence de l’enseignement français hors de France, connaît depuis vingt ans une privatisation rapide. La multiplication d’établissements partenaires privés – seule voie possible pour atteindre l’objectif fixé en 2018 par le président Macron de doubler le nombre d’élèves à l’horizon 2030 – résulte aussi des coupes budgétaires quasi annuelles. Faute de financement public suffisant, l’expansion du réseau repose désormais presque exclusivement sur l’homologation d’écoles privées, une tendance documentée dans cette

Dans la même rubrique