Six semaines après la grande rafle de la zone occupée (dont celle de la région parisienne, le 16 juillet, connue sous le nom de la rafle du Vél d’Hiv fut l’épisode le plus dramatique), la grande rafle de la zone libre allait consacrer définitivement, d’une part, le déshonneur du régime de Vichy, livrant à la Gestapo des Juifs se trouvant dans un territoire hors de la portée directe des Allemands, d’autre part, le réveil de l’opinion publique prenant résolument le parti des victimes et empêchant le gouvernement Laval de s’enfoncer encore plus profondément dans la complicité criminelle avec le Reich.
Si les Juifs en zone libre n’allaient pas être épargnés, ce n’était pas à l’initiative des Allemands mais à celle de Vichy. Le 7 mai, à Paris, quand le chef de la police du Reich, Heydrich, avait évoqué devant lui la prochaine déportation de 5 000 Juifs apatrides internés en zone occupée, le nouveau chef de la police française, René Bousquet, avait répondu en demandant pourquoi ne pas




