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L’Europe n’est pas morte, elle a imposé un rapport de force à Donald Trump, par Bernard Guetta

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Ce sont les succès qu’il faut voir. Nous faisons front pour soutenir l’Ukraine, protéger le Groenland et restons incontournables pour les Etats-Unis. Ils ne peuvent pas se passer des 450 millions de consommateurs de notre marché commun.

La dernière lubie de Trump qui voudrait utiliser les droits de douane pour nous faire accepter l’annexion du Groenland. Ici, la marine danoise au large de Nuuk, le 18 janvier 2026. (Mads Claus Rasmussen/via REUTERS)
ParBernard Guetta
député européen, groupe Renew Europe
Publié le 19/01/2026 à 13h05

On lui reprochait hier de trop en faire. On la dénonce aujourd’hui comme incapable de relever le gant. «Où est-elle cette Union ? Que fait-elle ? Bravo la désunion !» entend-on maintenant que les Européens sont menacés par Poutine, horrifiés par le bain de sang iranien, effarés par le recul du droit international et constamment défiés surtout par Donald Trump qui, dernière lubie, voudrait utiliser les droits de douane pour nous faire accepter l’annexion du Groenland.

Alors même que ce sont eux, la majorité d’entre eux, qui avaient si obstinément refusé de faire de l’Union une puissance politique et militaire, les Européens la voudraient soudain aussi forte qu’un Etat fédéral, que ces Etats-Unis d’Europe dans lesquels ils avaient si longtemps vu une abomination à combattre.

Car enfin, aux atlantistes d’hier, on pourrait rappeler que ce sont eux qui avaient barré la route à la défense commune ; aux eurosceptiques, que c’est à cause d’eux que l’Union politique reste à construire ; aux Britanniques, qu’ils n’avaient rejoint l’Union que pour empêcher son affirmation avant de la quitter et aux Français que ce sont eux seuls qui avaient refusé en 1954 la Communauté européenne de défense grâce à laquelle nous aurions pu former d’emblée une union politique.

Il y aurait vingt leçons à tirer de ces erreurs du passé, mais l’urgence est ailleurs.

L’urgence est de cesser de nous sous-estimer.

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