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tribune

L’hostilité de Donald Trump accélère la mutation politique de l’Europe, par Bernard Guetta

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Face à la brutalité américaine, l’Europe a d’énormes retards à combler mais, désormais, elle attire autour d’elle des démocraties qui ne veulent pas plus de la domination américaine que d’une domination chinoise, analyse l’eurodéputé Renew.

Comment expliquer que ce vieux monde qui serait en voie d’effacement obsède tant Donald Trump ? Ici, Trump lors d'une réception, à Washington, le 6 décembre 2025. (Julia Demaree Nikhinson/AP)
ParBernard Guetta, eurodéputé Renew
député européen, groupe Renew Europe
Publié le 08/12/2025 à 12h26

Pourquoi sommes-nous leur seule cible ? Pourquoi les Etats-Unis de Donald Trump estiment-ils, dans la présentation de leur Stratégie de sécurité nationale, qu’ils doivent «encourager la résistance à l’actuelle trajectoire de l’Europe» alors même qu’ils disent vouloir répudier tout «l’interventionnisme» américain de la guerre froide et de l’après-communisme ?

A ceux des Etats qui ignorent les libertés et l’équité sociale, Donald Trump ne veut plus que l’Amérique ne fasse ni reproches ni suggestions, mais à nous, les démocraties européennes, il annonce vouloir contrer notre «effacement civilisationnel», «gérer [nos] relations avec la Russie» et s’appuyer pour cela sur «l’influence croissante des partis patriotiques européens».

A ses yeux, les dictatures seraient libres de respecter ce qui serait leurs «traditions et leur histoire» alors que nous, les Européens, sommes sommés de rompre avec nos «attentes irréalistes» sur l’issue de la guerre d’Ukraine et d

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