Je suis née en Iran, mais mes parents ont dû fuir la dictature islamiste. J’ai grandi en France avec une langue, une culture, des souvenirs transmis, et cette certitude intime que ce pays est plus grand que le régime qui l’a confisqué. La conviction aussi qu’un jour, ce peuple, avec ses femmes immenses, reprendra sa liberté et sa dignité des mains de ses bourreaux.
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Des révoltes, l’Iran en a connu. Mais celle qui éclate le 28 décembre marque une rupture. Par son ampleur. Par sa radicalité. Par l’espoir qu’elle fait naître. De Téhéran aux provinces les plus reculées, les rues se remplissent de femmes et d’hommes, de jeunes et de vieux, unis pour dénoncer la corruption, la confiscation du pays et un pouvoir religieux qui prive le peuple de tout, jusqu’à la vie.
La réponse du régime est immédiate et sans limite. Les forces de répression tirent à l’arme de guerre sur leurs compatriotes. Le massacre se déroule à huis clos, rendu possible par la coupure des moyens de communication. Les morts se comptent par milliers. Personne n’en connaît le nombre exact, mais le chiffre de 12 000 s’impose comme une hypothèse crédible.
Les images qui filtrent suffisent. Des corps entassés dans des sacs mortuaires, abandonnés sur les trottoirs. Des familles contraintes de payer pour récupérer les corps de leurs proches. Le message du régime est clair : terroriser pour faire taire.
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Ce qui se joue aujourd’hui ne concerne pas seulement l’avenir de l’Iran ou de la région. Ce qui se joue, c’est l’avenir de l




